De la RF2 de Bébour au Bassin des Hirondelles par le Bras Cabot

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 7h
Distance 5.3 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1341 - 1170 m
Dénivelé positif 250 m
Dernière mise à jour 05/07/2026

Du VRAI hors sentier

Nous nous retrouvons à nouveau à suivre Laurent pour une exploration inédite du Bras Cabot dans une aventure qui porte bien son nom. Lorsque Martial, Oremus, Gazelle et Michel Pey, qui ont reconnu cet itinéraire avec Laurent, auront déposé un commentaire, il est possible que d'autres commentaires n'apparaissent pas dans les mois à venir, tant la randonnée est exigeante.

Le Bras Cabot, synonyme surtout de canyoning, n'est pas renommé pour la randonnée tant il est difficile à approcher ou à parcourir. Le sentier de Bras Cabot traversant l'Îlet Patience est depuis très longtemps abandonné par l'ONF. Celui menant aux sources est laissé aux intrépides, voire inconscients. Le seul endroit vraiment connu est celui nommé Bassin des Hirondelles que l'on atteint après une heure de glissades dans la boue du sentier de Takamaka. Les cartes situent le Bassin des Hirondelles un peu en amont de la caverne la plus visitée. Peu de marcheurs osent traverser l'eau froide pour gagner la rive droite et remonter les 100 m jusqu'au grand bassin d'eau claire. Les autres bassins situés en amont sont à réserver aux aventuriers ne craignant pas les griffures de vigne marronne, les piqûres des palmistes, les glissades sur pierres moussues ou les 4 m de natation obligatoire. Comme il est difficile de remonter le cours d'eau, cette fiche en propose une descente qui se mérite. Plus de 7 heures pour parcourir 5 km : deux chiffres qui devraient faire réfléchir. Ne jamais s'aventurer seul ; partir tôt et par très beau temps avec la trace GPS sur le téléphone chargé à 100% pour contourner les obstacles dans un univers végétal et minéral sans réseau téléphonique. L'endroit est si inhospitalier que les truites vivent en toute quiétude entourées de véritables champs de cresson qu'on est obligé parfois de fouler du pied. L'eau, toujours claire, se prête à la baignade mais attention, le temps passe vite et il vaut mieux réserver cette activité pour le dernier bassin.

La randonnée débute au parking du sentier botanique de Bébour (Photo 1). Le trajet officiel part sur la droite mais il est aussi possible de filer tout droit pour le rejoindre en 2 minutes par un raccourci. Ce sentier, totalement délaissé par l'ONF attire encore quelques randonneurs désireux de rejoindre le point de vue sur Takamaka ou de se rendre au Bassin des Hirondelles. Il est de plus en plus étroit, envahi de jouvences et longoses, recouvert d'énormes flaques de boue et comporte des ornières qui dépassent par endroits le mètre de profondeur (Photo 2). On passe son temps à chercher le meilleur emplacement pour les pieds ou à emprunter de petits raccourcis créés par les marcheurs. Après 20 minutes de marche, pénétrer dans la forêt avant le premier virage vers la gauche (Photo 3). On se retrouve en pleine forêt primaire entre arbres moussus, fougères et goyaviers. Pas de sentier, même créé par les braconniers. Il y a toujours moyen de marcher entre les troncs en visant la petite ravine présente sur la carte IGN (Photo 4). La ravine atteinte, on ne gagne ni en visibilité ni en cheminement. Les jouvences atteignent des hauteurs record. On distingue cependant très bien les hauts fanjans, bois de couleurs ou une petite grotte (Photo 5). Comme on devine la ravine dans les jouvences, il suffit simplement de la suivre sur la rive ou de se mouiller parfois les pieds (Photo 6). Les occasions seront nombreuses de se mouiller très souvent plus en aval. La distance est courte sur la carte mais il faut compter plus de 45 minutes pour enfin arriver au Bras Cabot (Photo 7). Après une dernière descente glissante, on se retrouve dans le lit rocheux. Le paysage en direction de l'amont donne des envies d'exploration (Photo 8). Mais c'est vers l'aval qu'on se dirige en cherchant, comme toujours, le meilleur passage sur les rives ou dans l'eau (Photo 9). Autant il est calme lorsqu'on y arrive, autant il devient un magnifique torrent avec bassins d'eau claire, toboggans, cassés franchissables et grottes (Photo 10). Le premier cassé, difficile à passer, se présente un peu plus loin. Les falaises de chaque coté sont infranchissables. Une petite cascade alimente un bassin d'eau claire assez profond par endroits (Photo 11). Il n'y a pas d'autre solution que de descendre au bassin à l'aide d'un câble fixé en rive gauche après être monté sur le rocher. Il faut ensuite nager 3 ou 4 mètres avant d'avoir pied et gagner la rive. Une fois au sec, on peut profiter des vues sur ce bassin entouré d'une végétation luxuriante (Photo 12). Reprendre la descente sur de belles plaques de basalte (Photo 13). Un peu en aval, un autre bassin se présente mais il est impossible à atteindre sans matériel (Photo 14). Il faut donc se résoudre à chercher le passage en rive droite. Pour cela, repérer un fanjan au tronc interminable et débuter la montée entre lui et l'arbre de gauche (Photo 15). Cette portion est la plus sportive de la boucle. Il faut se faufiler entre les troncs moussus et les touffes de pailles sabres sans chercher à rester au plus près de la rivière (Photo 16). De hautes barres rocheuses dominant la rivière empêcheraient de revenir trop vite. C'est donc par un long détour qu'il faut éviter ce bassin et sa cascade (voir carte). Une fois sur le rein séparant deux ravines, on a de belles vues sur les remparts alentour (Photo 17). Après maintes contorsions, glissades et repérages sur la carte, on parvient au Bras Cabot une centaine de mètres en aval du bassin. Rejoindre ce bassin et sa cascade ne prendra que quelques minutes à marcher dans l'eau, dans les longoses ou à travers de belles surfaces couvertes de cresson. La petite cascade, même avec peu d'eau, est très élégante sans parler de l'eau cristalline du bassin (Photo 18). Reprendre le cours de la descente dans un magnifique cadre de verdure au milieu des fanjans et grands arbres moussus (Photo 19). Remarquer au passage les grottes ou cavités ayant sculpté les rives basaltiques (Photo 20). Le repos est de courte durée car un nouveau bassin se présente, tout aussi difficile à franchir que les précédents (Photo 21). On se retrouve donc, toujours en rive droite, à affronter longoses, pailles sabres et épines de palmistes avant d'effectuer un dernier schuss sur les fesses en direction du bassin (Photo 22). Une fois au bassin, on comprend pourquoi le contournement est obligatoire lorsque l'on voit les falaises verticales et les grottes (Photo 23). On est à près de 5 heures de marche depuis le départ et on commence à trouver les bassins bien nombreux ! Celui des Hirondelles est tout proche. Mais il faut, comme pour les autres, reprendre la lutte contre la nature pour trouver un nouveau câble facilitant la vertigineuse pente qui mène au Bras Cabot (Photo 24). Ce bassin est le plus impressionnant par sa taille. Il faut longer la rive dévorée par les longoses pour s'en échapper avec de l'eau jusqu'à mi-cuisse. Ses eaux vertes et limpides peuvent inciter à une baignade sachant que le plus difficile est fait (Photo 25). Les 100 derniers mètres sont magnifiques avec 3 arches, des petites grottes, de profondes marmites ou des bassins abritant des truites (Photo 26). Rejoindre la grotte des hirondelles en longeant le cours d'eau dans les longoses de la rive droite. Une dernière traversée amène au début du sentier de retour d'où l'on profite de la vue sur le bassin surmonté de sa grande grotte (Photo 27). C'est en général à cet endroit que s'arrêtent les curieux qui ont emprunté le sentier de Takamaka. C'est dommage de ne pas remonter un peu jusqu'au grand bassin pour de meilleurs souvenirs ! Après des heures d'eau transparente, se préparer à tout oublier dans les ornières et profondes flaques de boue. Il faut doubler le temps inscrit sur les panneaux de l'ONF depuis longtemps obsolètes. On passe de parties glissantes à des marches de près d'un mètre, de zones boueuses à des passerelles vermoulues, d'un sentier creusé et étroit à des abords envahis de vigne piquante et d'arums (Photo 28). On croise au retour des familles qui vont affronter la boue pour rejoindre le bassin et sa grotte. Ils ne sont plus guère à tenter la fin du sentier menant au cassé de Takamaka.

Balises

Pas de balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Pique-nique  Tables à pique-nique, en partenariat avec Carte de La Réunion.
Site géologique  Sites géologiques, en partenariat avec Laurent Michon, laboratoire Géosciences Réunion.

Itinéraire

Depuis la RN3, rejoindre la route de Bélouve à la Petite Plaine - Passer le Col de Bébour puis stationner au départ du sentier botanique de Bébour - Entamer le circuit en direction du Cassé de Takamaka - Après 700 m, bifurquer à droite dans la brousse et rejoindre une petite ravine finissant sa course dans le Bras Cabot - Descendre ce nouveau cours d'eau en contournant les bassins rencontrés par de courtes aventures dans la végétation en rive droite - A la caverne du Bassin des Hirondelles, emprunter le sentier boueux du retour jusqu'au point de départ.


Commentaire sur cette randonnée (1)

Vous devez être connecté pour ajouter un commentaire.
Suepairpiénu, 05/07/2026 19:13

Aventure aussi sportive que Koh-Lanta mais incomparablement mieux 😊 !

L’épreuve de confort consistera à :
- ne pas glisser sur les roches-savonnette,
- ne pas tomber dans la boue,
- ne pas perdre l’équilibre sur le sol instable,
- ne pas trébucher sur la terre glissante,
- et préserver ses appareils électroniques de l’eau et des chocs !

L’épreuve d’immunité consistera à ne pas se perdre … et il vaut mieux la gagner !
Notre guide-champion nous a permis de remporter haut la main cette seconde épreuve 😊.
Merci à lui et aux 2 câbles placés aux meilleurs endroits !

Allez-y pendant que les traces de passage sont encore « fraiches » !

Photos 1 : après une 1ère traversée de forêt, passage sous arbre dans la 1ère ravine
Photos 2 : la seule épreuve de natation
Photo 3 : lorsque la 1ère épreuve de confort a été remportée
Photo 4 : remontée pour accéder à la magnifique cascade (photos 18 du site)
Photo 5 : épreuve d’équilibre !

Merci Randopitons pour cette découverte épique !

Randonnée ajoutée le : 05/07/2026